La couverture forestière

La couverture forestière représente une moyenne de 43 % en France (6 075 km2) et de 61 % en Espagne (14 610 km2). Ce taux important, souvent supérieur à 50 %, est très clairement une caractéristique forte des différentes régions du massif. La forêt est nettement dominante entre 600 et 2000 mètres.

Côté français, les secteurs centraux du massif sont les plus boisés : jusqu'à 70%, le cœur des Pyrénées françaises (Front pyrénéen) présente le plus gros massif forestier (187 900 ha), alors que les bordures ouest (basque) et est (catalane), traditionnellement très pastorales, sont relativement peu boisées (taux inférieur à 25%).

Côté espagnol, les politiques de reboisement entreprises depuis un siècle font qu'à l'inverse de la France, ce sont les montagnes navarraise et catalane qui sont les plus boisées (taux respectifs de 82% et 75%).

Le massif comprend de nombreuses régions forestières aux caractères très différents, compte tenu de la présence ou non de l'influence méditerranéenne, des caractéristiques géologiques, de l'altitude et de l'exposition des sites. On distinguera globalement sur le massif des forêts de type : méditerranéen, supra-méditerranéen (chêne vert), collinéen, montagnard, subalpin (pin crochet), alpin.

La répartition des essences

Le massif compte une grande variété de peuplements. Le paysage forestier de la montagne pyrénéenne reflète de façon évidente la conjugaison des effets liés aux conditions naturelles et aux actions de l'homme.

graphe bois essences 2010

Côté français, La Cerdagne, le Capcir, le Pays de Sault connaissent une prévalence des résineux. Le Conflent est « partagé » ; dans les autres régions on a une prévalence des feuillus : chêne vert/chêne liège pour la partie méditerranéenne du massif, hêtre pour le reste. Importantes futaies feuillues ; estimation de 100 000 ha sur l'ensemble du massif.

Côté espagnol, les pinèdes occupent l'espace, les feuillus ne sont prédominants qu'aux extrémités est et ouest de la chaîne, avec quelques spécificités dans chaque communauté autonome : en Aragon, la forêt (pins essentiellement) occupe 44% de la zone d'étude; en Catalogne, où la forêt occupe 55 % du territoire, les deux tiers des forêts sont composés de résineux et la partie la plus occidentale de la zone étudiée présente une proportion plus importante de pâturages et d'espaces naturels non arborés. Comme en Aragon, les forêts de cette région ont d'abord été des zones de cultures ou de pâturages et, sauf changement d'orientation, avec la déprise agricole et l'abandon des pratiques pastorales ancestrales, la forêt tendra à s'accroître au détriment des autres couvertures végétales; et enfin la Navarre contraste par l'importance de ses hêtraies les plus étendues de la péninsule avec près de 135 000 ha, et des chênaies «sèches» à chêne pubescent. Le pin sylvestre et le sapin pectiné occupent en grande partie la strate montagneuse de la zone pyrénéenne.

L'augmentation générale des surfaces forestières est plus ou moins significative selon les zones du massif. Cette extension, liée au recul des cultures et du pastoralisme, n'est pas voulue. Elle touche les versants (pente) mais aussi des zones de plateaux et de fonds de vallée.

Les régimes fonciers

Côté français, la forêt est privée à 55%, marquée dans les zones de bordure de massif, notamment dans les secteurs de basse altitude; la forêt est communale à 31% et domaniale (appartenant à l'Etat) à 14%.

Côté espagnol, trois types de forêts étaient distingués jusqu'à l'entrée en vigueur de la nouvelle loi forestière de 2003 : Les forêts d'Etat qui sont gérées par les services forestiers des communautés autonomes, elles ont souvent un statut de protection et leur gestion est surtout orientée vers la conservation du patrimoine forestier; les forêts communales, parmi lesquelles, l'Espagne différencie deux types de forêts selon leur régime juridique: les forêts d'utilité publique qui ont un rôle majeur pour la protection des sols et pour la protection contre les risques naturels et les processus d'érosion (la nouvelle loi forestière de 2003 a rajouté la possibilité de classer d'utilité publique les forêts qui contribuent à la diversité biologique, à la protection de la faune, de la flore, des habitats et des paysages), et les forêts de libre disposition qui n'ont pas de fonction protectrice ou sociale d'intérêt général et ne sont donc pas déclarées d'utilité publique, ce sont des forêts de production, sources de revenus pour les collectivités propriétaires; et enfin les forêts privées parmi lesquelles on distingue aussi les forêts «protectrices» des autres forêts privées (les forêts «protectrices» sont, en forêt privée, l'équivalent des forêts d'utilité publique).

Sources : rapport d'état des lieux sur le massif forestier des Pyrénées, octobre 2007, le livre blanc des forêts pyrénéennes, GEIE Forespir, mars 2007, Inventaire Forestier National - IFN, bases de données de la carte forestière espagnole