L'économie touristique

Le tourisme pyrénéen est organisé essentiellement autour de trois pôles majeurs que sont le ski, le thermalisme et le tourisme de nature. Les retombées économiques du tourisme en montagne se répercutent dans l'emploi, avec certaines activités entièrement dédiées au tourisme (hôtellerie, camping, remontées mécaniques) et d'autres dépendant de l'économie résidentielle (restauration, commerce alimentaire). Consultez l'article sur l'emploi touristique.

La capacité d'hébergement est l'un des indicateurs permettant de mesurer l'offre touristique d'un territoire. Elle se répartit entre les résidences secondaires, les hôtels et les campings (94% de l'offre en France), les centres de vacances et maisons d'hôtes complétant l'offre.
Dans les Pyrénées, la capacité d'hébergement est caractérisée depuis une dizaine d'années par une baisse sensible et régulière du nombre d'emplacements de camping et de chambres d'hôtel pour la majorité des territoires. Tandis que le nombre de résidences secondaires est en forte et constante augmentation sur l'ensemble du Massif.

L'offre d'hébergement en hôtels et campings se concentre aux extrémités du Massif, principalement dans les P.O. et dans les zones d'altitude (Hautes-Pyrénées notamment).
Du fait du poids de la ville de Lourdes, les Hautes-Pyrénées détiennent plus des 2/3 de l'offre de chambres d'hôtel, tandis que les Pyrénées-Orientales concentrent la majeure partie de l'offre d'emplacements de camping, particulièrement dans le canton d'Argelès en bordure de mer et celui de Saillagouse. Les Hautes-Pyrénées, en particulier les cantons de Luz St Sauveur et d'Argelès-Gazost, rassemblent près du quart des emplacements de campings.

Entre 2005 et 2011, on note un effort notable en terme d'offre de camping dans les départements de l'Ariège et de l'Aude. Ce dernier étant le seul département qui a vu son offre augmenter pour les hébergements en chambres d'hôtel, alors que cette offre décline dans les 5 autres départements du Massif.

Le bilan de la saison estivale 2010 réalisé par la Confédération Pyrénéenne du Tourisme sur la « zone de montagne touristique pyrénéenne », plus restreinte que la zone Massif (630 communes contre 1182), indique que l'hébergement privilégié des vacanciers est la formule gîte et chambre d'hôte, loin devant les hôtels et campings.

Si au cours du 19ème siècle, la pratique touristique du thermalisme s'est développée, les 23 stations thermales pyrénéennes fondent encore essentiellement leur activité sur les cures thermales médicalisées.
Les stations pyrénéennes captent 20% des curistes en France, soit environ 100 000 curistes, dont 24 000 à Amélie-les Bains, et 13 000 à Bagnères-de-Luchon et à Cambo-les-Bains. Le chiffre d'affaire direct et indirect généré par les curistes est estimé à 150 millions d'euros par an[1], auxquels s'ajoutent les dépenses des accompagnants évaluées à 35 millions d'euros annuels[2].

Depuis quelques années, certaines communes pyrénéennes ont créé des espaces de bien-être et des centres dédiés au thermoludisme, activité utilisant les eaux chaudes naturelles à des fins ludiques et de bien-être. Les 17 espaces et centres existant dans les Pyrénées approchent en 2012 le million de visiteurs pour un chiffre d'affaires annuel estimable à 15-20 millions d'euros[3]. C'est un élément distinctif de l'offre touristique du Massif.

Le ski « alpin » est lui-aussi une activité touristique ancienne dans les Pyrénées, générant une consommation touristique importante[4]. Si la trentaine de stations de ski pyrénéennes représentent 10 % environ de l'offre et de la fréquentation des stations françaises (fréquentation oscillant entre 4 à 6 millions de journées-skieurs), la part du marché français captée chaque année par les stations pyrénéennes est plus fluctuante (7 à 9 % du chiffre d'affaires, oscillant entre 65 et 100 millions d'euros), en raison d'une variabilité de l'enneigement du Massif supérieure à celle des grandes stations alpines.
Développées plus récemment, les autres activités d'hiver (ski de fond, raquette, luge, randonnée...) sont plus marginales en termes de poids économique (100 000 journées-skieurs au mieux pour le ski de fond) et connaissent elles-aussi des variations annuelles encore plus marquées.

Une multitude d'activités de pleine nature (randonnées itinérantes, escalade, cyclotourisme, canyoning, parapente, spéléo, eaux vives, pêche, vol à voile...) complètent l'offre pyrénéenne. Vous trouverez dans la rubrique Aller plus loin une étude complète sur ce sujet.

Enfin, la visite des principaux sites majeurs naturels et culturels (Lourdes, art roman, châteaux, préhistoire...) est estimée à plus de 10 millions de visiteurs.

Plusieurs types de coopération dans le secteur touristique (pôles touristiques , Parcs naturels et parcs nationaux, promotion touristique collective, rapprochement des stations de ski) sont à l'œuvre depuis plusieurs années et pourraient confortés voire améliorés.

[1] Sur la base des ratios usuels, 1.450€ par curiste et par cure.
[2] Sur la base des ratios usuels, 1 accompagnant pour deux curistes et 700 € par accompagnant et par cure.
[3] Ces chiffres demeurent approximatifs, faute d'observation fine sur ce secteur, et susceptibles de croître en raison d'ouverture récente de centres et de projets de construction encore à venir.
[4] Une étude HPTE/EPSA/Contours de 2011 estime qu'un euro dépensé dans les remontées mécaniques peut générer jusqu'à 7 euros de retombées sur le territoire.